Tirailleur kanak dans la Grande Guerre (1916-2016)

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Onglets

Description

Poursuivant une série initiée en 2015 avec un triptyque commémorant l’engagement des Calédoniens dans la Grande Guerre, l’OPT vous propose un timbre à 110 F représentant un Tirailleur kanak en partance pour la France à bord du Gange.

Le dessinateur militaire, Roberto LUNARDO, s’est inspiré de la statue en bois érigée devant le Sénat coutumier, œuvre du sculpteur Armand GOROBOREDJO.

Indigènes de la colonie de Nouvelle-Calédonie, les Kanak ne sont pas mobilisables en 1914 car, depuis 1887, le régime de l’Indigénat les place hors du droit commun et de la citoyenneté. Pourtant, la France qui représente généralement spoliation foncière et contraintes est aussi le pays des missionnaires souvent défenseurs des Kanak. Certains clans ont opté pour la reconnaissance de la République.

Dès décembre 1915, l’égalité de traitement entre indigènes des colonies françaises contraint les Kanak de Nouvelle-Calédonie à l'engagement volontaire d'un homme pour dix payant l'impôt de capitation. De janvier 1916 à juillet 1918, plus de mille Kanak affluent de toutes les tribus. Les uns sont désignés par leurs chefs, les autres s’engagent pour voir la guerre, beaucoup par fidélité aux valeurs du christianisme. Mais, de campagne en campagne, le non paiement des indemnités aux familles, le poids trop lourd des ponctions sur les hommes, entre autre, ralentit l'ardeur des engagements. Regroupés selon leur origine géographique et rigoureusement encadrés par les catéchistes, les Kanaks sont versés au bataillon des Tirailleurs des îles du Pacifique, créé à Nouméa en janvier 1916.

La plupart rejoignent la France. Trois convois principaux quittent Nouméa le 4 juin 1916 sur le Gange, le 3 décembre 1916, sur le même navire puis le 10 novembre 1917 sur l'El Kantara. Ils débarquent à Marseille puis sont dirigés sur les camps de Fréjus.

Rattaché à la Commission des ports à Marseille, le bataillon canaque ou bataillon de la roussette est un bataillon d’étapes, rattaché à la Commission, chargé de travaux logistiques sur la Côte d’Azur. Tout en étant dockers ou cantonniers, les kanaks suivent une instruction militaire et acquièrent rapidement les compétences en matière de lancer de grenade et de maniement des armes. En avril 1917, augmenté d'une compagnie d’artillerie, le bataillon devient le Bataillon mixte du Pacifique (BMP). En juillet 1917, à l'arrière du Chemin des Dames, les Kanak entretiennent les tranchées, installent et réparent des lignes télégraphiques ou téléphoniques, sont brancardiers et nettoyeurs de tranchées. Puis, d’août à octobre 1917, le BMP devient bataillon de marche au sein de la 72e Division d’Infanterie sur le front de Champagne et participe aux batailles du Matz et de la Serre. Mais comme tous les soldats coloniaux, les Kanak sont rapatriés fin octobre 1917 pour l'hivernage sur la côte d’Azur où ils redeviennent ouvriers et dockers.

A partir de juin 1918, le BMP entre dans la bataille du Matz dans l’Oise où de petites unités vont combattre avec le 164e Régiment d'Infanterie et le 365e RI. En août, le BMP est rattaché au 418e RI et prend part, comme troupe de choc à l’attaque du plateau de Pasly, près de Soissons, puis aux actions en direction de l’Ailette, à l’arrière du Chemin des Dames. En octobre, les cinq compagnies du BMP sont réunies pour la première fois et combattent en première ligne au sein du 164e RI, lors de la bataille de la Serre pour la reprise de la ligne Hunding. Les 24 et 25 octobre, le BMP participe à la prise du village de Vesles-et-Caumont et de la ferme du Petit Caumont, près de Laon (Aisne). Le 10 décembre 1918, une citation collective à l’ordre de la Xe armée est décernée au BMP. Après l'armistice, il regagne la Côte d'Azur dans l'attente du navire du retour vers Nouméa. Le 9 mai 1919, le BMP est dissous. Le lendemain, 908 soldats océaniens dont 92 Kanak sont rapatriés par l’El Kantara. Les soldats restant dont 601 Kanak sont rattachés au 73ème bataillon de tirailleurs Sénégalais. Ils rentreront par le Kia Ora en novembre1919, parfois plus tard.

Les Kanak ont perdu 383 des leurs, morts pour la France (35,4 % des engagés), ils sont ceux des indigènes français qui ont donné le plus leur sang pour la France.

Sylvette Boubin-Boyer, docteur en histoire

Fonctionnalités
Technique d'impression: 
Auteurs: 
Thématique: 
Matière: 
Tirage: 
40000
Date d’émission: 
03/06/2016
Format: 
27 × 48 × 0 mm
Catégorie: 
Nb de TP par planche: 
10
Imprimeur: